Il est des jours où mon frère rentre de vacances après avoir passé plus d'un mois dans le sud,
la peau quasiment noire et les cheveux en bataille.
Et il est ces mêmes jours où il décide d'entrer dans ma chambre
aussi vite que le vent s'engouffre dans les arbres,
où il cherche puis trouve mon appareil photo alors que je suis en train de travailler.
Matthieu, dans ces cas-là, est un peu à côté de la plaque.
J'aimerais lui expliquer "nan mais tu vois, là, pendant que tu vendais des beignets sur la plage
et ben, figure-toi que j'ai commencé ma prépa de médecine et
re figure-toi que demain j'ai une interro de chimie et que
aïe aïe aïe, il faut que je refasse les exos"
mais qu'importe, il est déjà ailleurs en train de chercher
puis trouver la fonction qui met en mode sépia l'appareil.
Il le prend, comme ça, sans me demander et il commence sa séance, à sa façon.
Alors je lui dit "rhan Matthieu, arrête s'il-te-plaît, là!"
et il continue alors je baisse les bras ne me disant
"ça me fait une pause et puis, ça va vite lui passer".
Il prend le livre tout juste acheter et me le présente,
quand il a lu la quatrième de couverture il a marmonné un n'importe.quoi.
Et il a même fouillé dans mon sac pour trouver le labello.
A la fin, quand il regardait les photos une à une, il m'a dit
"tu devrais faire un montage, ça fait très Amélie Poulain, la scène avec les grimaces".
Et je me dis, après coup, qu'il a peut-être fait tout ce cirque parce que,
bientôt, très bientôt, nous ne ferons que de nous croiser entre les samedis et dimanches.